D’où viennent les couleurs de l’or ? Le guide complet sur les alliages
L’or est jaune dans la nature. Pourtant, les vitrines des bijouteries exposent des bijoux roses, blancs, parfois presque gris. Ce n’est ni une illusion, ni une tromperie. Les couleurs de l’or naissent d’un principe simple : le mélange. En ajoutant d’autres métaux à l’or pur, on obtient un alliage dont la teinte, la solidité et le prix changent de manière prévisible. Ce guide explique tout, du premier coup d’œil en boutique jusqu’au poinçon gravé à l’intérieur de votre bague.
L’essentiel à retenir
- L’or pur (24 carats) est naturellement jaune, mais trop mou pour être porté au quotidien.
- La couleur d’un bijou dépend des métaux mélangés à l’or : cuivre pour le rose, palladium ou argent pour le blanc.
- Le nombre de carats (10K, 14K, 18K) indique la quantité d’or pur dans le bijou.
- Un bijou en or blanc qui jaunit n’est ni faux ni abîmé : sa couche protectrice s’est simplement usée avec le temps.
- En bijouterie, « carat » désigne la pureté de l’or, ce n’est pas la même chose que le carat d’un diamant.
Pourquoi l’or n’est-il pas toujours jaune ?
L’or pur est effectivement jaune. C’est une propriété naturelle du métal, au même titre que le cuivre est rouge-orangé. Cet or à l’état pur porte le nom d’or 24 carats.
Mais l’or pur a une caractéristique qui complique son usage en bijouterie : il est très malléable. Une bague en or 24 carats se déformerait progressivement au fil du port quotidien. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on ne trouve pas de bijoux en or 24K dans les boutiques : ce titre est réservé aux lingots et aux pièces de collection.
La solution existe depuis l’Antiquité : mélanger l’or à d’autres métaux pour le rendre plus solide. Ce mélange s’appelle un alliage. Et c’est la nature de ces métaux ajoutés qui change la couleur finale du bijou. Ajoutez du cuivre, vous obtenez du rose. Ajoutez de l’argent et du palladium, vous tirez vers le blanc. Gardez l’équilibre entre les deux, et l’or reste jaune.
Une précision utile avant d’aller plus loin : en bijouterie, le mot « carat » désigne la pureté de l’or, pas le poids. Un diamant de 2 carats et une bague en or 14 carats n’ont rien en commun, ils partagent juste le même mot.
Les secrets de fabrication des différentes couleurs d’or
Trois couleurs dominent la bijouterie dans le monde entier : le jaune, le rose et le blanc. Chacune suit une recette précise, à sa propre histoire et ses propres règles d’entretien.
L’or jaune : la couleur d’origine
L’or jaune est l’alliage qui se rapproche le plus de la teinte naturelle de l’or. On y ajoute du cuivre et de l’argent en proportions égales, de façon à ce que leurs effets s’annulent mutuellement. Le résultat : la couleur dorée reste intacte.
Pour un or jaune 18 carats, la composition typique est 75 % d’or, 12,5 % d’argent et 12,5 % de cuivre. Pour un 14 carats, la part d’or baisse à environ 58 %, et la couleur devient légèrement plus chaude, plus orangée.
C’est la couleur la plus ancienne en bijouterie, présente dans toutes les grandes civilisations de l’Antiquité. Elle est particulièrement appréciée dans les cultures indienne, moyen-orientale et méditerranéenne. Son grand avantage : aucun entretien particulier n’est nécessaire. Sa teinte ne change pas avec le temps.
L’or rose : tout vient du cuivre
La couleur de l’or rose dépend entièrement du cuivre. Plus il y en a dans l’alliage, plus la teinte est intense. Pour un or rose 18 carats, la composition habituelle est 75 % d’or, 20 % de cuivre et 5 % d’argent, ce dernier servant juste à adoucir la teinte.
On distingue trois nuances dans cette famille : le rose pâle (moins de 15 % de cuivre), le rose classique (environ 20 %), et le rouge soutenu (25 % ou plus). Ce dernier était très populaire en Russie au XIXe siècle, d’où son ancien nom : l’« or russe ».
Après un retour en grâce dans les années 1920, l’or rose s’est de nouveau imposé depuis les années 2010 comme l’une des couleurs phares de la joaillerie contemporaine. Comme l’or jaune, il ne nécessite aucun traitement de surface. Sa couleur est permanente.
L’or blanc et le traitement au rhodium
L’or blanc n’existe pas à l’état naturel. On l’obtient en mélangeant de l’or pur avec des métaux clairs ( principalement le palladium et l’argent ) qui neutralisent la teinte jaune. Mais même après ce mélange, le résultat reste légèrement jaunâtre ou grisâtre.
Pour obtenir le blanc brillant qu’on voit en boutique, une étape supplémentaire est nécessaire : le rhodiage. Un bijoutier dépose une fine couche de rhodium sur le bijou — un métal de la famille du platine, très blanc et très résistant. C’est cette couche qui donne à l’or blanc son éclat caractéristique.
Cette couche a cependant une durée de vie limitée. Les frottements du quotidien, l’eau, les crèmes et les produits ménagers l’usent progressivement. Le bijou retrouve alors peu à peu sa teinte de base. Ce jaunissement est tout à fait normal et réversible : un bijoutier peut renouveler le rhodium et lui redonner son aspect d’origine. Pour une bague portée tous les jours, on recommande un rhodiage environ une fois par an à tous les deux ans. Pour un collier ou des boucles d’oreilles, tous les deux à trois ans suffisent.
Il existe une alternative : l’alliage avec du palladium en proportion plus élevée, qui donne naturellement une teinte plus blanche sans nécessiter de rhodiage régulier. Cette option coûte davantage à la fabrication, mais moins en entretien.
10K, 14K ou 18K : quelle influence sur la couleur finale ?
Le nombre de carats indique simplement combien d’or pur se trouve dans le bijou. Un 18K contient 75 % d’or. Un 14K en contient 58 %. Un 10K en contient 42 %. Le reste est composé des métaux d’alliage.
Plus le carat est élevé, plus la couleur est intense. C’est vrai pour l’or jaune et l’or rose. Pour l’or blanc, la différence est moins visible, car le rhodiage uniformise l’aspect final quelle que soit la teneur.
Le poinçon : le signe que tout est en règle
Au Canada, le marquage des bijoux en or est encadré par la Loi sur le poinçonnage des métaux précieux, administrée par le Bureau de la concurrence du Canada. Si un fabricant ou détaillant choisit d’apposer une marque de qualité sur un bijou en métal précieux, la loi exige que cette marque soit véridique, afin que les consommateurs puissent faire confiance aux informations et prendre des décisions d’achat éclairées.
Pour être vendu comme de l’or au Canada, un bijou doit être d’une qualité minimale de 9K. En pratique, le 10K est le titre le plus bas couramment vendu en bijouterie. Le poinçon peut s’exprimer en karats (10K, 14K, 18K) ou en millièmes (417, 585, 750) les deux sont équivalents.
En Europe, les bijoux portent un poinçon d’État exprimé en millièmes, accompagné d’une marque officielle propre à chaque pays. En Inde et dans une grande partie de l’Asie du Sud, le 22K est la norme dominante du marché traditionnel.
Pourquoi un bijou en or change-t-il d’aspect avec le temps ?
La couleur de l’or lui-même ne change pas. Ce qui évolue, c’est ce qui se passe en surface. Plusieurs raisons peuvent expliquer un changement d’aspect :
- L’usure du rhodium (or blanc uniquement) : la couche blanche s’amincit et laisse apparaître la teinte naturelle de l’alliage. Un nouveau rhodium chez un bijoutier suffit à tout corriger.
- Les dépôts du quotidien : crèmes, savons, parfums et eau chlorée s’accumulent sur la surface. Un nettoyage doux à l’eau tiède savonneuse règle généralement le problème.
- La confusion avec le plaqué or : un bijou plaqué or est recouvert d’une fine couche d’or sur un métal ordinaire. Quand cette couche s’use, le métal de base apparaît, ce qui peut donner une teinte très différente. Cela ne se produit pas avec un bijou en or massif (10K, 14K ou 18K).
Pour distinguer un bijou en or massif d’un plaqué or, le repère le plus fiable est la présence d’un poinçon de titre (10K, 14K, 585…). Un bijou en or massif ne disparaît pas à l’usure.
Comment choisir sa couleur selon son style de vie
Il n’y a pas de mauvaise réponse. Le meilleur choix, c’est celui que vous porterez avec plaisir au quotidien.
L’or jaune est fait pour ceux qui veulent un bijou sans contrainte. Pas de traitement, pas d’entretien particulier, sa couleur traverse le temps sans effort.
L’or rose convient à ceux qui cherchent une teinte chaleureuse et contemporaine. Même avantage que le jaune : aucun traitement de surface, une couleur permanente.
L’or blanc s’adresse à ceux qui préfèrent un rendu sobre et lumineux, proche du platine. Son seul impératif est le rhodiage périodique, à intégrer dans l’entretien régulier du bijou, comme on le ferait pour une montre.
Quant au choix du carat, il influence à la fois la teinte et la solidité. Pour un bijou porté tous les jours, le 14K offre souvent le meilleur équilibre. Si vous souhaitez voir les différentes couleurs côte à côte et obtenir des conseils personnalisés, la bijouterie La Puce d’Or sera ravie de vous accueillir.